Pour le nouvel arrivant, le choc, c'est Saint-Laurent. Bordée par le Maroni qui l'unit -plus qu'il ne la
sépare- au Surimam voisin, cette petite ville a quelque chose de différent, de complètement atypique. Les blasés vous diront que c'est une bourgade assoupie dont on a vite fait le tour et
où l'insécurité guette à tous les coins de rue (pas complètement faux...). Moi j'ai eu l'impression d'avoir brutalement été projeté dans un endroit figé dans le temps, dans un chef-lieu africain
où le vieux colon alangui se dissout lentement dans la moiteur ambiante. J'y ai aussi perçu le souffle fruité de la Jamaïque, la population du fleuve à la démarche indolente, la vivacité du
métissage, une agitation mystérieuse... Saint-Laurent, c'est un sacré chambard, un foutoir ethnique hors norme que j'ai aimé observer... et où j'aimerais tant y plonger.

La sous-pref de Saint-Laurent, distante de 250 km de la préfecture de Cayenne : unique sur le territoire français. Seuls quelques
bâtiments publics, au demeurant impregnés de charme colonial, vous rappelle qu'ici, vous êtes sur un bout de France.

Une beauté du fleuve... Créole ? Boni ? Surinamienne? Les trois ? Ou alors une fille du 93 venue aider sa copine sur le marché
pendant ses vacances... En tout cas, si elle avait eu des flingues à la place de ses yeux, je ne serais plus là pour débiter toutes ces conneries.
Si c'est écrit...

Le Maroni coule avec nonchalence vers l'Atlantique. De l'autre côté, la petite cité d'Albina, au Surinam.
Ce courd d'eau n'a évidemment rien d'une frontière, mais tout d'un toboggan à clandestins que la politique de fermeté du gouvernement (10 000 reoconduites à la frontière par an,
record national bien sûr) ne décourage pas le moins du monde. Chaque jour, des flots d'immigrés n'ayant pas grand chose à perdre traversent le fleuve au nez et à la barbe d'une PAF (police des
airs et des frontières) bien impuissante.
par Sebinou
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L'incontournable en Guyane : le week-end carbet, ces habitations plus ou moins sommaires qui bordent le fleuve. Les contraintes logistiques
sont importantes quand on part au moins deux jours et les occupations possibles se limitent à pioncer en hamac, bouffer des grillades et picoler. Super quand on est bien accompagnés
!
A bord d'une coque, sur la Cumana, la vie s'écoule lentement, au rythme paresseux du courant qui monte, puis descend...
La Cumana, est peu fréquentée, contrairement à la Comté, proche de Cayenne, dont les rives sont colonisées par moults carbeteurs du dimanche. Le saviez-vous ?
90.2 % (sondage Monpifomètre BVA) des usagers des carbets sont des métros, ça vous étonne ?
Voilà l'un des carbets de l'armée. Celui-là a été fabriqué pour un haut-gradé. Il est propre, spacieux et dispose même d'un petit
hélidrome à côté. Et, grand luxe, le portable passe.
Les comodités. Personellement, je préfère chier derrière un sapin. Par contre, faut trouver le sapin.
Pareil pour la douche, on se baigne dans la crique (le cours d'eau). Donc quand je rentre de carbet, je sens le pécari.
L'allée (glissante) menant au ponton.
Quelques ustensiles indispensables...
La glacière pour picoler et le coupe-coupe pour frimer
Un moteur pour pas ramer, une toucque (le baril) pour entasser
Des gilets pour flotter, de l'essence pour... picoler aussi.
Et enfin, le hamac pour ronfler.
par Sebinou
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Priyé Jah. Tiwony.
par Sebinou
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C'est désormais une évidence : une flotte vicking aurait bien accosté en Guyane autour du VIIe siècle de notre ère. Ce glaive découvert par les eaux en constitue une
preuve irréfutable. Certes celui-ci est en plastique, mais les chercheurs ne désespèrent pas...
Plage de Montabo, dimanche 9 mars.
par Sebinou
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Un mois après la fin du carnaval, a commencé un autre carnaval, un peu moins jubilatoire celui-là. Le grand barnum des municipales s'est mis en branle
pour atteindre la transe le soir du premier tour. Car en Guyane, où rien n'est comme ailleurs, il est dit que sera élu celui qui aura... la plus puissante sono !!!!

C'est ce genre de camion qui nous met la tête à l'envers depuis deux semaines. A Rémire, 4 candidats, 4 sonos ambulantes qui hurlent de 6h30 à 23h les professions de foi, au rythme d'un zook
saturé et grésillant.
Partout sur la route de Baduel (principal axe qui mène à Cayenne, énorme flux...), les différentes écuries tapinent en affichant haut leur couleur : aux automobilistes, on distribue
tracts, fleurs, sourires éclatants.
Et chaque soir, vers les heures de pointe, c'est la tête de liste qui s'empare d'un micro et harangue les voitures qui passent en aboyant des incantations sur l'écologie, le développement
durable, l'insécurité, la propreté... Bref, des âneries similaires à ce qu'on entend en métropole.
Donc une ambiance particulière en ce moment, bon-enfant au demeurant , avec un dernier jour de campagne surréaliste : les 4 véhicules bourrés de décibels envoient simultanément la
sauce dans les quartiers de RM, occasionnant une incroyable cacophonie audible à plusieurs kilomètres à la ronde !
Les engagements lénifiants passés, on se pourrit allègrement les uns les autres en promettant la lune à une population très, très incrédule quant à cette transe populiste...

Et pourtant... que la devise est belle : " n'est beau regard sans âme claire"
Tout ça pour ça... Quand on voit comment les élus locaux se goinfrent en Guyane, on comprend l'énergie qu'ils mettent à conquérir le graal. Oui tout cela laisse songeur... Gangrenées par la
mauvaise gestion, le népotisme, les malversations en tous genres, la politique des petits copains ; les collectivités locales, sont hélas notoirement impotentes. Puissent ces municipales
inverser la tendance !
par Sebinou
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Encore une série Carnaval de Kourou, pour la route...

Devant une foule lamentablement passive, un super héros mis en déroute par un bandit de grand chemin. L'insécurité en Guyane, tout le monde est
complice...

On pourrait mesurer la degré de machisme et d'homophobie d'une société en recensant le nombre de travelos qui défilent lors des parades carnavalesques. Ou comment exorciser ses peurs... Ceux-ci
sont, particulièrement réussis par ailleurs.
Encore une Brésilienne fuyant l'objectif... Marre des filles coincées !
Pendant le carnaval, chaque jour de fête est associé à une couleur.
Ben voilà ce qui arrive quand les partenaires du carnaval ne sont pas appropriés : on fait des rampes sur les chars pour que les danseuses
bourrées puissent tenir debout...
par Sebinou
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